Le sport, un engagement à part entière
Les 65 mesures de la CNH 2026 s’articulent autour de 16 « engagements ». Le dixième d’entre eux est consacré à la culture, au sport et aux loisirs, avec un objectif clairement affiché : faire émerger un véritable réflexe « sport inclusif » dans la société française. Concrètement, quatre mesures (numérotées 40 à 43) sont spécifiquement dédiées à l’activité physique et sportive des personnes en situation de handicap.
Le gouvernement justifie cette priorité par un double constat : encourager davantage les personnes handicapées à intégrer le sport dans leur parcours de vie, et diffuser chez tous les acteurs du mouvement sportif les réflexes nécessaires pour rendre la pratique réellement accessible. L’héritage des Jeux de Paris 2024 et la perspective des JOP d’hiver des Alpes françaises 2030 sont présentés comme les deux leviers majeurs de cette transformation.
Ce que contiennent les 4 mesures sport
Mesure 40 — Mieux connaître les pratiques sportives des personnes handicapées. Un volet « sport handicap » sera structuré au sein de l’Observatoire national du sport et de la plateforme data.sport.gouv.fr, afin de mesurer et d’évaluer la pratique sportive dans la durée. Jusqu’ici, cette connaissance statistique faisait défaut pour orienter les politiques publiques.
Mesure 41 — Rendre les équipements sportifs accessibles. Les moyens de l’Agence nationale du sport sont pérennisés. De nouveaux outils seront déployés pour intégrer l’accessibilité dès la conception des gymnases, et la mutualisation du matériel sportif adapté — souvent coûteux et peu disponible localement — sera encouragée. Un guide sera également diffusé pour aider à la mise en place d’espaces sensoriels lors des événements sportifs.
Mesure 42 — Renforcer la pratique sportive au quotidien. C’est la mesure la plus riche, et sans doute la plus parlante pour nos lecteurs :
- reconduction d’un appel à projets pour soutenir l’aide humaine, avec un accompagnement renforcé pour développer les clubs inclusifs ;
- amélioration de l’inclusion des jeunes dans l’acquisition des savoirs sportifs fondamentaux, dont le savoir rouler à vélo ;
- réforme des certificats médicaux : l’objectif est de sortir de la logique de dispense générale de sport pour préciser uniquement les mouvements réellement contre-indiqués au regard du handicap de l’enfant ;
- diffusion de bonnes pratiques sur la baignade sécurisée pour les personnes avec un trouble du neurodéveloppement ;
- reconduction de l’opération « Jouons ensemble », menée avec l’Arcom pour renforcer la visibilité télévisée des parasports ;
- une place accrue accordée aux pratiques parasportives dans le cadre de Septembre Bouge, le mois national de l’activité physique.
Mesure 43 — Capitaliser sur l’héritage de Paris 2024. Le soutien financier de l’État aux grands événements sportifs internationaux sera désormais conditionné au respect de critères d’accessibilité, avec la mise en place systématique d’un groupe d’experts d’usage. Dans la perspective des JOP des Alpes françaises 2030, l’État dit vouloir encourager l’ouverture des épreuves aux athlètes présentant un trouble du développement intellectuel. Cette mesure s’appuie explicitement sur la Stratégie nationale Sport et Handicap 2030, déjà présentée en janvier 2026, dont les engagements sont ici réaffirmés et prolongés.
Les chiffres à retenir
- 2 700 clubs sportifs sont aujourd’hui labellisés « clubs inclusifs ».
- Le gouvernement fixe un objectif de 4 000 clubs sportifs inclusifs d’ici 2027, dans le sillage direct des Jeux de Paris 2024.
- Lors des JOP 2024, sur 45 000 volontaires mobilisés, 2 500 étaient eux-mêmes en situation de handicap — un chiffre que le dossier de presse met en avant comme preuve que l’inclusion peut irriguer toutes les dimensions d’un grand événement sportif, pas seulement la compétition.
Et pour le vélo adapté, concrètement ?
Deux points de la CNH 2026 parlent directement à la communauté du vélo adapté :
- Le savoir rouler à vélo, cité nommément comme l’un des savoirs sportifs fondamentaux dont l’accès doit être amélioré pour les élèves en situation de handicap (mesure 42). C’est une reconnaissance explicite, au plus haut niveau de l’État, que l’apprentissage du vélo fait partie des compétences de base à rendre accessibles à tous les enfants, handicap ou non.
- La mutualisation du matériel sportif adapté (mesure 41), qui touche directement à l’un des freins les plus concrets pour la pratique du vélo adapté : le coût et la rareté des équipements spécifiques (tricycles, handbikes, vélos à assistance électrique adaptés, etc.).
L’objectif des 4 000 clubs inclusifs d’ici 2027 constitue par ailleurs un repère utile pour mesurer, dans les prochaines années, si le maillage territorial du vélo adapté progresse réellement — et un argument que les associations locales pourront mobiliser pour solliciter un accompagnement ou des financements auprès de l’Agence nationale du sport.
Et maintenant ?
Ces 65 mesures doivent encore être « mises en musique » par le gouvernement : un comité de mise en œuvre et de suivi doit être installé fin septembre 2026, chargé de traduire chaque engagement en feuilles de route opérationnelles. Comme souvent avec ce type d’annonces, la vigilance des associations sur le terrain — et le suivi du financement réel de ces mesures — sera déterminante pour transformer ces engagements en avancées concrètes pour les pratiquants de vélo adapté.